Que nous apprend encore king Charles VI sur le pouvoir en 2026 ?

Un roi frappé de crises de démence persistantes parvient à conserver son trône pendant près de quarante-deux ans. Les décisions majeures de l’État sont alors prises par une poignée de proches, dont certains changent d’allégeance au gré des événements. L’instabilité du pouvoir central favorise l’émergence de factions rivales, mais l’institution monarchique résiste envers et contre tout.

La France traverse une période de conflits internes et d’invasions étrangères sans que la monarchie ne s’effondre. La longévité du règne de Charles VI interroge le fonctionnement des structures politiques médiévales et la capacité d’adaptation d’un système face à la faiblesse de son chef.

Charles VI, un roi entre grandeur et fragilité : comprendre son parcours et ses épreuves

Dans la mémoire politique française, le nom de Charles VI s’impose à la fois comme celui d’un héritier capétien et d’un souverain marqué par la maladie mentale. Fils de Charles V le Sage et de Jeanne de Bourbon, il s’assoit sur le trône alors qu’il n’a pas vingt ans, poussé par la disparition soudaine de son père. À peine sacré, la régence s’enlise : les oncles, menés par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, monopolisent l’appareil d’État, reléguant la jeune génération au second plan.

Le règne prend un tournant lors du Bal des Ardents : la folie du roi explose publiquement. Désormais surnommé le roi fou, Charles VI alterne périodes de lucidité et absences profondes, parfois jusqu’à ne plus reconnaître ceux qui l’entourent. C’est alors un conseil restreint qui s’empare du pouvoir : Isabeau de Bavière, épouse et figure de stabilité, assure la gestion quotidienne du royaume, tandis que Louis d’Orléans et Jean sans Peur s’affrontent pour contrôler l’influence autour du souverain.

La cour éclate en factions, la guerre civile s’annonce. À Paris, l’Hôtel Saint-Pol devient le décor de complots, de trahisons, d’alliances qui ne durent qu’un temps. Le Duc de Bourgogne et le Duc d’Orléans exploitent la vulnérabilité du roi pour imposer leur ascendant, manipulant la démence royale au service de leurs intérêts. Le parcours de Charles VI, entre grandeur dynastique et détresse humaine, met à nu toute la précarité de la monarchie, soumise à la pression des clans et à l’imprévu.

Femme contemporaine regardant un mural historique au musée

Quels enseignements son règne et sa folie offrent-ils encore sur les mécanismes du pouvoir aujourd’hui ?

La période Charles VI expose un pouvoir vulnérable, ballotté entre maladie, ambitions personnelles et divisions internes. Face à la folie du roi, le royaume ne sombre pas. Il se recompose. La régence du duc de Bourgogne, la rivalité entre Louis d’Orléans et Jean sans Peur, les manœuvres d’Isabeau de Bavière : chacun s’arroge une part du pouvoir vacant, que ce soit pour défendre ses propres intérêts ou pour préserver la dynastie.

Le pouvoir ne disparaît pas, il circule. La guerre civile éclate, nourrie par les ambitions anglaises d’Henri V et les stratégies du Duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Les élites s’affrontent, la rue parisienne s’agite, la frontière entre autorité légitime et gouvernement de fait se brouille.

Ce désordre jette une lumière crue sur la réalité contemporaine : la pérennité du pouvoir dépend moins de la force d’un chef que de la solidité des institutions, la vigueur des réseaux et la flexibilité des alliances. L’impuissance du roi de France à gouverner n’a pas stoppé la vie politique ; elle l’a déplacée, morcelée, parfois rendue plus violente.

La question de la santé mentale du chef, longtemps taboue ou moquée, fait écho à nos débats actuels, où l’exposition et la fragilité des dirigeants interrogent la résilience de l’appareil collectif. Charles VI nous le rappelle d’une manière brutale : la stabilité du pouvoir ne repose pas sur l’épaisseur des murs d’un palais ni l’énergie d’un seul homme, mais sur la capacité d’un pays à absorber, redistribuer, réinventer l’autorité, même dans la tempête.

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