Conservation des données par ChatGPT : tout savoir sur la politique de données

1,5 milliard de requêtes échangées chaque mois, des milliards de mots générés : ChatGPT n’est pas seulement une prouesse technique, c’est aussi une gigantesque fabrique à données, où chaque phrase déposée a son propre destin numérique.

La durée de conservation varie, oscillant du retrait immédiat à un stockage prolongé destiné à l’analyse technique, selon les usages et les paramètres activés. OpenAI impose systématiquement des protocoles de chiffrement, mais la décision de partager des informations sensibles reste entre les mains de l’utilisateur.

ChatGPT et vos données : ce qu’il faut vraiment savoir

La politique de confidentialité d’OpenAI, éditeur de ChatGPT, façonne la manière dont sont collectées, exploitées et stockées les données issues des échanges avec cette intelligence artificielle générative. À moins d’activer un paramètre dédié, chaque conversation saisie dans l’interface peut servir à peaufiner les modèles d’OpenAI. Au-delà des messages envoyés, la collecte s’étend à des données techniques : adresse IP, configuration du navigateur, date et heure de connexion, tout est passé au crible.

Ce que retient ChatGPT

Pour mieux saisir ce qui alimente l’IA, voici ce qui est généralement collecté :

  • Historique des conversations : chaque échange reste stocké tant que l’option correspondante n’a pas été désactivée.
  • Données techniques : logs de connexion, identifiants d’appareil, statistiques d’utilisation s’ajoutent à la liste.
  • Amélioration des modèles : vos contributions, questions et réponses, enrichissent en continu GPT.

Ce stockage et ce traitement ont pour objectif d’optimiser le service, mais ils soulèvent aussi de vrais enjeux de transparence et de souveraineté numérique. OpenAI met en avant un accès restreint aux données collectées, soutenu par des dispositifs de sécurité avancés. Cependant, la circulation de certaines informations hors de l’Union européenne invite à la prudence, notamment de la part des juristes et chargés de conformité. Ceux qui souhaitent maîtriser leur exposition doivent étudier attentivement la politique de confidentialité OpenAI et ajuster leurs usages, surtout dans le cadre professionnel ou pour des données considérées comme sensibles.

Quelles informations sont collectées lors de l’utilisation de ChatGPT ?

Chaque requête envoyée à ChatGPT implique le partage de fragments de soi, même minimes. OpenAI recueille des données personnelles à plusieurs niveaux pour faire fonctionner et améliorer ses modèles. L’utilisateur, sans toujours en avoir conscience, partage ainsi tout ou partie de son historique de conversations, des extraits de texte, parfois même des informations personnelles identifiables si elles sont glissées dans l’échange.

Dès qu’une session démarre, la plateforme enregistre l’ensemble des conversations. Ces conversations enregistrées servent au traitement des données ChatGPT et à l’utilisation des données pour l’entraînement du modèle, sauf choix explicite de l’utilisateur pour limiter la conservation. Les données utilisateurs fournies, qu’il s’agisse de questions banales ou de contenus plus sensibles, contribuent à l’amélioration continue des modèles.

La collecte s’étend au-delà du texte lui-même. OpenAI agrège aussi des données techniques telles que l’adresse IP, le type de navigateur, la localisation approximative, et l’horodatage, dessinant ainsi une cartographie précise de l’activité en ligne.

Les utilisateurs professionnels, soucieux de confidentialité, surveillent de près les options de modèle et les paramètres d’historique, conscients que chaque interaction peut servir d’exemple d’entraînement. Pour les responsables de conformité, la finesse de la collecte, associée à la performance de l’intelligence artificielle générative, pose la question de la limite entre service personnalisé et exposition des données personnelles.

Confidentialité et sécurité : comment OpenAI protège-t-il vos données ?

OpenAI place la confidentialité au cœur de son dispositif. À chaque utilisation de ChatGPT, une batterie de mesures de sécurité est mobilisée pour contenir les risques de fuite, d’usurpation ou de cyberattaque. Les données transitent via des protocoles chiffrés, comme TLS, puis sont stockées sous un chiffrement AES reconnu par le secteur. Seul un cercle restreint d’opérateurs, soumis à des contrôles stricts, peut accéder aux archives conversationnelles.

L’arrivée de ChatGPT dans les organisations, via ChatGPT Enterprise et ChatGPT Team, va de pair avec des exigences plus élevées : protection accrue, suppression des prompts utilisateurs du processus d’entraînement, conformité à des normes comme ISO/IEC 27001. Ces offres donnent aux entreprises des outils de contrôle avancés pour maîtriser l’accès et le partage des données sensibles.

OpenAI s’appuie sur une veille continue face aux tentatives d’intrusion. Des audits externes réguliers viennent tester la solidité de l’ensemble, et la gestion des incidents s’appuie sur la transparence en cas de défaillance. Utilisateurs et organisations sont invités à renforcer encore leur sécurité via, par exemple, l’utilisation de VPN ou l’application de clauses contractuelles types (SCC) pour les transferts hors UE.

Aucune protection technique ne dispense de la vigilance individuelle. Pour chaque organisation, la meilleure sécurité des données ChatGPT consiste à encadrer fermement les informations partagées et à définir une politique d’accès proportionnée à la sensibilité des contenus.

RGPD, droits des utilisateurs et bonnes pratiques pour rester maître de ses informations

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) pousse OpenAI à plus de transparence et donne aux utilisateurs un réel pouvoir sur leurs données. Pour ceux qui veulent garder la main, plusieurs leviers existent : le droit d’accès pour obtenir une copie des données traitées par ChatGPT, ou le droit à l’effacement, permettant de supprimer des conversations de l’historique, soit par une demande au support, soit directement via l’interface.

Activer le « mode chat temporaire » figure parmi les bonnes pratiques lorsqu’on veut limiter les traces : aucune conversation n’est alors mémorisée, et rien n’alimente l’entraînement des modèles. Pour aller plus loin, la désactivation du partage des prompts pour améliorer le modèle (« opt out ») se fait simplement dans les paramètres.

Quelques réflexes à adopter :

Pour renforcer la protection de vos données, voici quelques habitudes à prendre :

  • Consultez régulièrement la politique de confidentialité OpenAI.
  • Privilégiez l’utilisation de pseudonymes et évitez de transmettre des données sensibles lors de vos interactions.
  • Maîtrisez les paramètres de conservation des conversations.
  • Pour les équipes, formalisez des procédures internes pour garantir la protection des données.

La conformité au RGPD ne se limite pas à des principes abstraits. Les utilisateurs attentifs font valoir leurs droits pour garder le contrôle sur la circulation de leurs informations, poussant OpenAI à maintenir un haut niveau de rigueur et de clarté. Cette vigilance collective façonne peu à peu la gouvernance de l’intelligence artificielle générative.

À mesure que l’IA gagne du terrain, le pouvoir de chaque utilisateur à choisir ce qu’il partage prend une dimension nouvelle. Écrire à ChatGPT, c’est aussi écrire l’avenir de sa propre confidentialité numérique.

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